La santé mentale et le VIH en Tunisie

La santé mentale et le VIH en Tunisie

05 Nov 2020 in

L’infection VIH est passée d’une maladie mortelle à une maladie chronique nécessitant un suivi et un traitement de longue durée.

La santé mentale et le VIH en TunisieÊtre malade pour une longue durée impose une certaine force mentale pour accepter cette maladie et ce changement de vie.Les PVVIH sont ainsi confronté, à cause de l’infection chronique, à deux types de troubles mentaux

- Il y a les patients qui avaient des troubles avant le diagnostic de leur infection. Ces patients posent plusieurs problèmes. Premièrement, il y a un risque important de décompensation de leur pathologie mentale à cause de la découverte du VIH. Deuxièmement, il y a un risque d’interaction du traitement antirétroviral avec le traitement que prend déjà le patient. Ainsi il faut faire attention à ses interactions et choisir le traitement adéquat pour le patient. De ce fait, le patient n’a pas beaucoup d’options thérapeutique disponible. Troisièmes, ces patients à cause de leur pathologie mentale, risquent d’être mal observant au traitement et devenir résistant et donc être difficile à contrôler.

- L’autre catégorie des patients c’est ceux à qui l’annonce de leur infection VIH causent un trouble mental surtout un trouble dépressif. En effet, malgré la connaissance de la pathologie etdu concept indétectable : intransmissible, les patients n’acceptent pas d’être malade et sont souvent déprimés voire choqués à l’annonce de la maladie.

C’est un trouble assez fréquemment rencontré. Ainsi, l’annonce de la séropositivité doit toujours être faite par une personne expérimentée au mieux un médecin pour bien expliquer la pathologie et surtout pour distinguer les signes d’une dépression et ainsi d’agir rapidement avant que le patient passe à l’acte.
Ce trouble dépressif a diverses conséquences : le refus de suivi, le refus du traitement, la fugue, l’isolement social, les conduites à risques ou encore le suicide.

Ainsi un appui psychologique est nécessaire pour les PVVIH. Cet appui est dispensé à la demande du patient lui-même ou son médecin.

En Tunisie les services de prise en charge offrent cet appui grâce à la présence d’un psychologue dédié à cette activité et disponible pour aider le PVVIH dans leur démarche d’acceptabilité de leur pathologie.
En cas de nécessité le patient sera orienté vers le service de psychiatrie ou il pourra parfois bénéficier d’un traitement médicamenteux associé à la psychothérapie. Ce traitement sera prescrit après concertation avec le médecin responsable du suivi VIH afin de diminuer les interactions médicamenteuses

En conclusion, quelques soit la pathologie, vivre avec une maladie chronique est lourd pour un patient à cause du suivi, des traitements et des autres comorbidités associés. Les PVVIH, sont d’autant plus fragiles puisque associée à leur pathologie chronique ils doivent faire face à la stigmatisation et la discrimination de la société ce qui augmente encore plus le sentiment d’insécurité et ainsi des troubles mentaux qu’ils soient préexistants à leur infection ou concomitants.

Ceci montre l’importance d’un suivi globale des patients avec une prise en charge sociale, médicale et psychologique afin de leur garantir une meilleure qualité de vie.