Covid19 et prise en charge du VIH

Covid19 et prise en charge du VIH

05 Nov 2020 in

La Tunisie est un pays à faible prévalence concernant le VIH. En effet l’incidence est de 0.05 par 1000 habitants

Il s’agit de 6500 personnes vivant avec le VIH dont 4700 sont de sexe masculin. Seuls 1300 reçoivent un traitement antirétroviral.
Depuis les années 2000, nous avons noté une augmentation du nombre des nouvelles infections atteignant approximativement 700 cas en 2019

Ces patients sont suivis au niveau de quatre centres Tunis, Sousse, Monastir Et Sfax.
L’infection Covid 19 avait un impact sur toute la population puisque devant les faibles ressources que nous avions à notre disposition, la stratégie était radicale dès le début. En effet, le confinement de toute la population était effectué depuis Avril 2020. Il s’agissait d’un confinement général, obligeant des secteurs à s’arrêter.

Ainsi, les soins médicaux et les hôpitaux étaient aussi touchés avec la restriction de l’hospitalisation aux cas les plus graves et arrêt de l’activité des consultations externes. Les services des Maladies infectieuses prenaient en charge à la fois les patients infectés du covid 19 et les PVVIH. Ceci rendait encore plus difficile la prise en charge des PVVIH puisque ces services ont restreint leur activité à la prise en charge des patients atteints du covid 19. Malgré́ l’absence de données dans la littérature et compte-tenu des données disponibles sur les autres infections respiratoires, les personnes vivant avec le VIH avec une charge virale non contrôlée ou avec des CD4 <200/mm3, étaient à risque présumé́ de développer une forme grave de Covid-19.La continuité́ de prise en charge des personnes vivant avec le VIH en période de confinement en considérant la limitation des déplacements était un challenge.
Ainsi les associations ont joué un rôle capital dans l’approvisionnement des médicaments aux patients ainsi que tout autre besoin.

Cependant devant la fermeture des frontières et l’arrêt de plusieurs secteurs à cause de l’épidémie, certains traitements étaient en rupture de stock.
Ainsi, il y a eu l’obligation de modification de traitement des PVVIH d’une forme combinée à une forme éclatée sans changement des molécules.

Au cours de confinement lié à l’épidémie covid 19 la prise en charge des PVVIH en Tunisie n’était pas catastrophique.  En effet la majorité des patients ont pu avoir leur traitement grâce au déplacement de certains bénévoles ou au déplacement des patients eux même. Le traitement était parfois modifié afin d’éviter l’interruption. Toutefois la majorité des PVVIH et pendant toute la durée du confinement (2mois) n’ont pas pu consulter leur médecin ni bénéficier de leur consultation trimestrielle habituelle. Les examens complémentaires de contrôle n’étaient pas possibles ainsi ni la charge virale ni le taux de CD4 n’ont été fait au cours de cette période.

Après le dé confinement progressif, la situation s’est un peu améliorée puisque les patients ont pu consulter leur médecin et certains d’entre eux ont bénéficié des bilans biologiques de contrôle. De même nous avons noté une augmentation du nombre des PVVIH hospitalisés pour prise en charge adéquate.
Sur le plan psychologique, les PVVIH ont souffert durant cette période de la stigmatisation et discrimination. Ils étaient totalement coupés du reste du monde. De même ils ne pouvaient pas facilement consulter leur médecin.

Sur le plan social, les PVVIH n’ont pas accédé à l’aide disposée par l’état. Toutefois, différentes associations ont intervenu en distribuant des aides.

Cette période difficile a montré l’importance d’instaurer les consultations virtuelles afin de demander de l’aide aux médecins et d’avoir accès aux conseils médicaux au besoin. Bien sur une consultation présentielle est indispensable c’est pour cela quenous l’avons instauré rapidement après le dé confinement, toutefois une consultation virtuelle (la télémédecine) réserve une place privilégiée dans des situations exceptionnelles comme le cas actuel de notre pays et le monde en général.